Les plantes derrière mes couleurs : les végétaux que j'utilise pour teindre les tissus
- 2 juil.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 juil.
Lorsque l'on découvre mes créations, une question revient souvent : d'où viennent ces couleurs ?
Elles naissent des plantes. Mais pas seulement.
Derrière chaque couleur, il y a aussi une histoire. Celle d'une promenade qui offre une belle découverte, d'une récolte dans mon jardin, d'un matin au marché de Montauban où les maraîchers me confient fanes de carottes, feuilles et pelures, ou encore de ces petits sachets que des amies me tendent en me disant : "je les ai gardé pour toi ! "
La teinture végétale fait partie de mon quotidien. Elle m'invite à observer les saisons, à ralentir, à regarder autrement ce qui m'entoure. Certaines plantes sont cueillies au moment où elles offrent le meilleur d'elles-mêmes, d'autres sont séchées pour être utilisées plusieurs mois plus tard.
J'aime cette idée que les couleurs suivent le rythme de la nature plutôt que celui d'un calendrier de production.
Dans cet article, j'avais envie de vous emmener avec moi, derrière les bains de teinture, pour vous raconter les plantes et les ressources végétales qui donnent naissance aux couleurs de mes tissus.
Les couleurs ne viennent pas d’une formule, elles viennent du vivant.
Pourquoi je travaille avec les plantes ?

Je n'ai pas choisi la teinture végétale uniquement parce que j'aime ses couleurs. Je l'ai choisie parce qu'elle correspond à ma façon de voir les choses.
J'aime travailler avec ce qui existe déjà, avec ce que la nature offre au fil des saisons et avec ces richesses que l'on ne regarde plus. Une pelure d'oignon, des fanes de carottes ou des pétales tombés d'une rose peuvent encore avoir beaucoup à offrir.
Je ne cherche pas à produire toujours la même couleur. Au contraire, j'aime que chaque bain de teinture soit différent. La plante, la saison, l'eau, le tissu… tout influence le résultat. C'est cette part d'imprévu qui rend chaque pièce unique.
Cette façon de travailler m'apprend aussi à respecter le rythme du vivant. Je récolte uniquement ce dont j'ai besoin, au bon moment, sans épuiser les ressources. Certaines plantes sont utilisées fraîches, d'autres sont soigneusement séchées pour prolonger leur utilisation tout au long de l'année.
Au fond, mon travail est d'accompagner la rencontre entre les plantes et le tissu.
Je ne cherche pas à produire toujours la même couleur. J’accepte que la nature décide.
Les plantes que j'utilise pour teindre les tissus
Les plantes du quotidien

J'aime l'idée que certaines de mes couleurs naissent de ce que l'on considère habituellement comme des déchets.
Les pelures d'oignons jaunes et rouges font partie des matières que j'utilise le plus souvent. Elles donnent de magnifiques nuances dorées, cuivrées ou brunes selon les tissus et les bains de teinture.
Je récupère aussi des fanes de carottes auprès de producteurs du marché de Montauban. Au lieu de finir au compost, elles deviennent une nouvelle ressource.
C'est une manière simple de donner une seconde vie à des végétaux qui ont encore beaucoup à raconter.
Ces gestes peuvent sembler modestes, mais ils reflètent parfaitement ma manière de travailler : observer, récupérer, transformer plutôt que produire toujours plus.
Les plantes de mon jardin

Mon jardin est une source d'inspiration permanente.
J'y récolte des pétales de roses, des œillets d'Inde ou encore du mimosa. Chaque plante possède sa personnalité et offre des nuances qui évoluent selon la saison.
Le jardin m'apprend aussi la patience. On ne récolte pas quand on en a envie, mais lorsque la plante est prête. C'est elle qui donne le tempo.
J'aime cette relation simple avec le vivant. Elle m'oblige à m'adapter plutôt qu'à contrôler.
Les plantes sauvages

Au fil de mes promenades, je rencontre aussi des plantes sauvages comme l'achillée millefeuille, le millepertuis ou le rumex.
Je les récolte avec beaucoup de précaution, uniquement lorsque les conditions le permettent et toujours en petite quantité. Je veille à laisser suffisamment de fleurs pour que les plantes continuent leur cycle et que les insectes puissent en profiter.
Ces cueillettes sont certainement les moments que je préfère. Elles me rappellent que la nature n'est pas un stock de matières premières, mais un équilibre auquel je participe avec humilité.
Les pigments tinctoriaux

Même si je privilégie les plantes que je récolte ou que je récupère localement pour teindre les tissus, j'utilise aussi quelques pigments tinctoriaux traditionnels.
La garance me permet d'obtenir des rouges/roses/orangés chaleureux et profonds. Le bois de campêche offre de magnifiques bleus, violets, prune et gris selon les mordants et les tissus.
Je les considère comme un complément à ma palette de teinture végétale textile. Ils me permettent d'enrichir mes créations tout en restant fidèle à une démarche artisanale et à mon envie de travailler avec des matières naturelles.
Pour aller plus loin sur les techniques de teinture végétale, je partage aussi mon approche ici.
Une couleur vivante

L'une des choses que j'aime le plus dans la teinture végétale, c'est qu'elle ne cherche pas la perfection.
Deux bains réalisés avec la même plante ne donneront jamais exactement le même résultat. La météo, la saison, la qualité de l'eau, le textile ou même le temps de cuisson influencent les couleurs.
Chaque tissu devient ainsi une pièce unique.
C'est cette spontanéité qui me plaît. Elle me rappelle que je travaille avec le vivant, et que le vivant ne se répète jamais tout à fait.
Ce que ces plantes racontent

Si je parle autant des plantes, c'est parce qu'elles racontent aussi ma façon de travailler.
J'aime créer lentement, utiliser ce qui m'entoure, privilégier les récoltes de saison et donner une nouvelle valeur à des matières souvent oubliées.
Chaque tissu porte un peu de ce chemin : une récolte dans le jardin, une rencontre au marché, une promenade en pleine nature ou un essai de couleur qui m'a surprise.
Lorsque vous choisissez une création Rosa Maita, vous emportez avec vous bien plus qu'un tissu teint naturellement. Vous emportez une histoire, un geste artisanal et un morceau de nature transformé avec respect.
Chaque tissu est une trace du vivant, transformée mais jamais figée.
J'espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre le chemin parcouru par chaque tissu avant d'arriver entre vos mains. N'hésitez pas à me faire un retour suite à votre lecture ! :)
Vous pouvez retrouver d’autres articles sur mon travail et mes explorations autour de la teinture végétale ici.
À bientôt
Maïta



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